La technologie, la nature et moi

La viande de synthèse, la viande artificielle, voilà le nouveau Graal évoqué par de nombreux articles en ce moment.

Prenons un peu de recul ! Cette innovation, car c’en est une, est-ce vraiment un progrès pour l’homme et notre société ?

D’aucun se dit vive les nouvelles technologies, on va pouvoir avec cette innovation nourrir des milliards d’êtres humains facilement, stopper les carences et famines à moindre coût, en remplaçant la nature. L’objectif est tellement louable que personne ne peut être contre !

J’ai adoré le livre de Gilles Luneau « Steak Barbare » aux Éditions de L’Aube. A travers ces 3 extraits il nous pose les questions sur ce que nous voulons faire avec le progrès Techniques, technologiques, et notre alimentation.

 

« Il n’y a donc rien de traditionaliste à accepter les lois de la nature, juste à humblement connaître ses propres limites. Il existe une différence philosophique de taille entre savoir que notre nourriture, donc notre vie, dépend de la nature et savoir qu’elle dépend du laboratoire et de l’usine. On change de représentation du monde et par là même on influe sur la construction des identités. »

***

« La viande de synthèse va accroître la dépendance à l’égard des multinationales agroalimentaires qui peuvent investir dans des usines stériles et robotisées concentrant la production. Un virus informatique figeant les robots, un cataclysme destructeur, un renchérissement de l’énergie paralysant les transports, le chantage politique d’un dictateur… et très vite surgiront les risques d’émeutes de la faim. »

***

« Ainsi «99% de la viande consommée viendrait d’élevages industriels». Diantre! D’où sort ce chiffre largement colporté par les activistes végans? Où sont les 500 millions d’exploitations familiales qui nourrissent 80% de la population mondiale selon la très sérieuse FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) ? (…) Or une prairie perdure par les animaux d’élevage qui la broutent. Il ne faudrait pas prendre la vessie cancéreuse de l’élevage industriel pour les lanternes de l’agriculture paysanne. »

 

Plus généralement, cela fait plus de 200 ans que le progrès technique, assis sur des innovations majeures (électricité, véhicules à moteur, antibiotiques, internet, mobilité, et j’en passe…) a amené du bien-être à l’homme.

A l’heure où tout va beaucoup plus vite, où la 5G, les objets connectés et les robots émergent, l’utopie du bonheur infini car grâce aux technologies semble tellement réelle. Toutes ces technologies nous ont débarrassés des contraintes de multitudes de tâches quotidiennes. Et ce n’est pas fini. Vous allez voir ce que vous allez voir : on va en inventer des produits dont on n’a pas forcément besoin mais que l’on va tout de même utiliser. On va même réussir à fabriquer ce que la nature nous donne, la remplacer tout cela en arguant des prétextes écologiques cachant des enjeux financiers énormes.

Notre société s’est construite sur la productivité, aller toujours plus vite, générer toujours plus de croissance car elle semblait infinie. Imiter la nature, montrer que l’homme est intelligent, capable de grande Invention. Quelle fierté !

Pendant ce temps notre société n’a pas pris le temps d’accompagner ces changements, les inégalités induits par ces bouleversements.

Le bien être des humains, on y pense toujours mais après les gains financiers car il ne faut pas non plus exagérer. La bienveillance, le partage, le respect de l’autre, c’est joli dans les discours mais de là à agir pour ces objectifs là il ne faut pas pousser !

Je suis convaincue que l’on peut à la fois tirer parti de ces innovations, de ces progrès et améliorer la condition de l’homme dans une grande partie de ses composantes. Cela suppose d’avoir une vision globale de notre société sans être naïf en pensant qu’elles vont nous sauver.

Je reviens à la nouvelle « trouvaille » qu’est la viande artificielle. Ça serait formidable gustativement, sa texture, sa couleur est tellement proche de la viande qu’on s’y croirait. Bon c’est encore un peu cher au kilo mais dès qu’on va s’y mettre en masse les prix vont dégringoler ! Et en plus c’est bon pour la planète à ce qu’il parait (si, si mais on n’est pas obligé d’y croire)

Et peut être que la meilleure technologie, dans certains cas, est de laisser faire la nature. Regardez ce que vient de faire la Thaïlande pour préserver ses parcs nationaux : elle va les fermer plusieurs mois par an à toute activité humaine pour laisser la nature reprendre ses droits. Plus près de nous, le ralentissement lié au confinement a eu cet effet là aussi.

On ne doit pas tout attendre des technologies ! Les technologies restent nos outils pas nos objectifs. L’humain doit rester humble et comprendre que tout ne se dompte pas comme un algorithme ou un développement de synthèse d’une partie de la nature.

Probablement que nous pouvons mieux produire de la viande, localement, sans forcément pousser à la productivité. Nos agriculteurs/éleveurs sont les meilleurs experts de nos animaux et de nos champs. Elevez mieux pour produire mieux et manger mieux, plus sain et certainement pas un succédané de viande.

2 commentaires

  • Oui l’homme ne doit pas jouer avec la nature mais il a démontré de belles capacités à developper le progrès. J’attends de voir concretement ce que va donner cette viande. je veux savoir et comprendre avant de juger. Par contre je ne me vois pas vivre dans un pays sans vache, mouton, poule !

    henri
  • 100% aligné ! En plus la presse nous bassine sur l’arrivée de ces viandes de synthèse alors qu’on aurait besoin de s’assurer que nos eleveurs vivent dignement de leur travail. La vache folle est déjà oubliée et hop on va manger de la viande “fabriquée” mais avec quoi va t elle etre fabriquée ? l’homme n’arrete pas de faire n’importe quoi avec la nature…

    françois

Laisser un commentaire

Note bien que tes commentaires doivent être approuvés avant d'être publiés

×
Bonjour !

Net Orders Checkout

Item Price Qty Total
Subtotal 0,00 €
Shipping
Total

Shipping Address

Shipping Methods